Monument historique
Nécropole mixte franco-allemande
inscrit MH partiellement
1ère moitié 20e siècle
Architecte : Mangner Clemens Julius (architecte);Tischler (architecte)
Dès 1915, ce cimetière dessiné par Clemens Julius Mangner (1885-1957), auteur de ceux de Saint-Quentin et de Le Sourd (Aisne), est planté d'essences variées. Malgré les agrandissements des années 1920 et 1970, la nécropole conserve son aménagement initial. Créée en 1916, par la volonté du Kaiser, elle témoigne de la bataille et du siège de Maubeuge, le plus long supporté par l'armée allemande lors de l'invasion de 1914 (25 août-8 septembre). Pour renforcer le moral des armées, Guillaume II s'engage dans une politique de commémoration des combats victorieux de 1914. Entre février et avril, les forts de la ceinture de Maubeuge sont déblayés. Le général Martini, gouverneur militaire de Maubeuge, fait réaliser un « cimetière commémoratif » à Assevent pour regrouper les tombes dispersées. Les dépenses sont réparties entre les communes déjà lourdement taxées par les prélèvements de l'occupant depuis 1914 au prorata du nombre d'habitants. La nécropole est inaugurée le 20 octobre 1916 par les autorités militaires, en présence d'une délégation française et de la princesse Charlotte de Prusse, mère du prince de Saxe-Meiningen, petit-neveu du Kaiser, inhumé à Assevent. Selon les dispositions du traité de Francfort de 1871 et comme à Cambrai, l'autorité allemande remet les clés du cimetière au maire pour qu'il en assure l'entretien. Fidèles à leur principe, « Ennemis dans la vie, unis dans la mort », les Allemands créent ce cimetière pour inhumer des centaines de corps restés sans sépultures pendant deux ans (1914-1916). Si l'autorité allemande oblige les communes à financer la construction du cimetière elle s'efforce toutefois d'identifier tous les soldats avant leur inhumation pour offrir une sépulture individuelle à chacun. La nécropole est agrandie en 1926 par l'architecte allemand Tischler pour accueillir des soldats exhumés de cimetières communaux de la région. Durant les années 1960-1970, de nombreuses ré-inhumations interviennent à Assevent. En 1998, huit des neuf corps de soldats français retrouvés dans un tunnel de communication effondré du Fort Leveau sont inhumés en présence d'officiels et des filles de deux des soldats.
Protégé le 2025/07/15 : inscrit MH · rue du maréchal de Lattre