Fort de la Platte (Fort 2000)
inscrit MH
4e quart 19e siècle
Après le désastre de la guerre de 1870, le général Séré de Rivières (1815-1895) est chargé de développer un nouveau système de fortifications, rompant avec celui des bastions hérités de Vauban, qui s'appuiera sur le principe de forts polygonaux établis en rideaux défensifs. Ces forts subiront rapidement des modernisations à la suite de la crise de l'obus-torpille afin de les rendre plus résistants notamment par l'emploi systématique du béton, l'ajout de grilles au lieu de murs d'escarpements, et d'autres modifications structurelles (forts Séré dits de troisième génération) ; en montagne, face à la menace de l'Italie entrée dans la Triplice ou Triple-Alliance aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, ils seront adaptés par un étagement incluant dans la vallée, près des villes, un ouvrage d'interdiction destiné à défendre la vallée, un peu plus haut un ouvrage de protection à tir dominant pour protéger l'ouvrage d'interdiction, et enfin au sommet un ouvrage de surveillance destiné à verrouiller les accès invisibles des deux autres types d'ouvrage. Ce système avait été tout d'abord mis en place dans la vallée de La Maurienne, pour être ensuite développé dans la Tarentaise, et en particulier autour d'Albertville, et pour finir autour de Bourg-Saint-Maurice afin de verrouiller l'accès au Petit-Saint-Bernard : à partir des années 1890 seront construits la batterie de Vulmix en tant qu'ouvrage d'interdiction, puis le fort du Truc comme ouvrage de protection, et enfin le « Fort 2000 » ou « Fort de la Platte » comme ouvrage de surveillance. La construction de ce dernier, qui s'étend entre 1893 et 1896, est la synthèse de plusieurs années de réflexions, ce qui explique sa conception originale, incluant à la fois des éléments défensifs plus anciens, comme la présence d'un blockhaus (type d'édifice que l'on trouve par exemple autour d'Albertville, en position isolée), mais aussi une enceinte et une batterie d'artillerie présentant des éléments de la troisième génération. Destiné à abriter une centaine d'hommes, très peu modernisé, n'ayant jamais réellement servi lors des conflits postérieurs à sa construction, il est vendu à des particuliers dans les années 1960.
Protégé le 2024/07/03 : inscrit MH