Depuis la préhistoire et jusqu'à nos jours, la frontière touche tous les aspects de la vie en Cerdagne : agro-pastoralisme, commerce et échanges, communications, infrastructures, transports, histoires de famille, fêtes, vie quotidienne. La Cerdagne a toujours été un terrain d'expérimentation du transfrontalier : frontières culturelles (internationale, administrative, régionale, linguistique, identitaire…) autant que naturelles (géographique, climatique, géologique, paysagère...). Le thème fédérateur proposé au départ pour l'orientation du musée de Cerdagne a tout naturellement été choisi : Cerdagne, Carrefour des Frontières. Un thème pertinent pour comprendre la Cerdagne et ouvrir le territoire à un questionnement plus universel, dans le cadre de la construction européenne. Hétérogénéité de la vie locale des deux derniers siècles : l'Homme, la montagne, l'élevage (le cochon), la nature, les sports d'hiver, la viticulture, (la vigne la plus haute d'Europe), l'art sacré, l'archéologie et le patrimoine.
Ancienne maison de maître et ferme du début du XVIIIe siècle, exemple des grandes exploitations agricoles cerdanes. L'histoire du domaine est intimement liée à l’histoire du territoire. Au XVIIe siècle, la signature du Traité des Pyrénées (1659) divise la Cerdagne en deux, entre France et Espagne. De modeste ferme à vaste domaine, la maison, propriété de la famille Sicart, s'enrichit peu à peu, pour être à la hauteur de ce lieu de représentation du pouvoir royal. En effet, durant 100 ans, les Sicart, de père en fils, ont la charge de viguier, représentant du roi de France pour la Cerdagne. Les remous de la Révolution française faisant disparaître la charge de viguier, le domaine connaît alors d’autres destinées. En 1810, il est vendu à un commerçant barcelonais prospère, Mathieu Riu, et il prend son nom actuel : Cal Mateu. Néanmoins, le domaine conserve son activité agricole jusqu’aux années 1990, période où Jacques et Marie Bragulat, fermiers des lieux depuis 1952, prennent leur retraite.