Basilique du Sacré-Coeur, ses annexes et le square Louise-Michel
classé MH partiellement
4e quart 19e siècle;1er quart 20e siècle
Architecte : Abadie Paul (architecte);Daumet Honoré (architecte);Rauline Henri (architecte);Laisné Charles (architecte);Magne Lucien (architecte);Hulot Jean (architecte);Formigé Jean-Camille (architecte-paysagiste);Bévière Léopold (architecte-paysagiste);Garnier Charles (architecte)
La basilique du Sacré-Cœur est née d'un vœu, formulé par Alexandre-Félix Legentil, et notamment soutenu par Hubert Rohault de Fleury, suite aux affres connues par la France au cours de la guerre de 1870. L'entreprise devient une cause nationale lors du vote par l'Assemblée qui la considère comme d'utilité publique en 1873, et par le concours qui est organisé en 1874, qui rassemble 87 concurrents, et dont le lauréat est Paul Abadie. La colline de Montmartre est choisie pour construire la basilique, du fait du manque d'églises dans cet ancien village annexé par la ville de Paris en 1860, de sa charge religieuse suite au martyre de saint Denis qui lui donne son nom de mont des martyrs, et surtout de sa situation privilégiée, visible de tout Paris. La construction et la décoration s'étale sur près d'un demi-siècle, financées par une vaste souscription nationale. La mise en place des fondations débute en 1877, et la crypte, de même taille que l'église haute, est construite entre 1878 et 1889. L'église haute est de plan basilical avec déambulatoire et chapelles rayonnantes, correspondant à sa fonction d'église de pèlerinage. La nef est couverte de cinq coupoles qui lui donnent l'aspect d'un plan centré. Elle est construite à partir de 1881, ses façades sont terminées en 1891, les coupoles sont achevées en 1899, le clocher en 1914. La basilique est mise en service dès 1891, mais n'est consacrée qu'en 1919. Sa décoration se poursuit cependant bien après : la grande mosaïque du chœur est terminée en 1923, la chapelle Saint-Ignace-de-Loyola l'est en 1934, et tous les vitraux sont refaits entre 1946 et 1977, après leur destruction durant la Seconde Guerre mondiale. Après le décès de P. Abadie en 1884 se succèdent cinq architectes qui font évoluer son projet tout en en respectant l'esprit et les grandes lignes : Honoré Daumet (1884-1886), Henri Rauline (1886-1904), Charles Laisné (1886-1891), Lucien Magne (1904-1916) et Jean Hulot (1916-1959) ainsi que Charles Garnier en tant qu'architecte-conseil (1891-1894). Le décor, constitué de sculptures, de mosaïques, de vitraux et de ferronneries, rassemble une soixantaine d'artistes dont Hippolyte Lefebvre, Pierre Séguin , Léon Fagel, Jean-Auguste Dampt, Léon-François Sicard, les frères Mauméjean, Luc-Olivier Merson, Henri-Marcel-Magne, Raymond Subes, Georges Serraz, Louis-Ernest Barrias, Jacques Le Chevallier, Henri Pinta et René Martin. Les annexes sont l'œuvre de Jean Hulot : un premier bâtiment est construit à l'est au début des années 1930, relié à la basilique par un pont-galerie. Il contient la sacristie, accessible par un hall depuis la galerie, qui sont les seuls éléments remarquables des intérieurs, sinon remaniés par la suite. Un second édifice lui est accolé au début des années 1950, et une seconde galerie est construite vers 1962, d'une manière plus économique. La butte a été aménagée dans sa partie sud par Jean-Camille Formigé et Léopold Bévière dans les années 1920 pour la ville de Paris, propriétaire de la basilique depuis 1908. Cette-dernière est l'aboutissement d'une perspective qui la met en valeur, formée par deux grands escaliers droits, flanqués de part et d'autre d'escaliers diagonaux formant des zigzags.
Protégé le 2022/12/13 : classé MH · 35 rue du Chevalier de la Barre