Musée de site. Architecture contemporaine remarquable.
Le musée archéologique est le premier musée de site du centre de la France. N’y sont présentés que des monuments et des objets d’Argentomagus et de son terroir. Pour les époques préhistoriques, le cadre géographique retenu est plus vaste et reflète ce mode de vie itinérant. Il s’agit de la vallée de la Creuse sur une soixantaine de kilomètres, d’Éguzon à Pouligny-Saint-Pierre. L’ambition de musée est de raconter l’histoire de l’Homme, de ses premières traces jusqu’à la fin de l’époque gallo-romaine. C’est donc à un voyage de plus d’un million d’années qu’est convié le visiteur. Le musée a été conçu pour un public non spécialiste et quelques manipulations simples s’efforcent de rendre le visiteur actif. Reconstitution grandeur naturelle, film vidéo, animation audio-visuelle et maquettes rythment une visite vivante et attractive. Parcours des collections La visite du musée commence par une rampe chronologique et des petites vitrines qui recadrent de manière pédagogique les différentes périodes évoquées au cours de la déambulation. Le visiteur plonge directement au cœur de la très ancienne Préhistoire avec la reconstitution de la hutte de Lavaud, le plus ancien gisement archéologique de notre région (1 100 000 ans). Puis la visite continue en abordant les différents sites fouillés le long de la vallée de la Creuse. L’Age du Renne est matérialisé par un spécimen empaillé qui fait la joie des enfants. En face de l’animal, la vitrine consacrée au campement solutréen de Fressignes, en partie englouti sous les eaux du lac d’Eguzon, présente des silex remarquablement taillés il y a 19 000 ans. Toujours en suivant le fil des eaux de la Creuse, voici l’Abri Fritsch. Du matériel archéologique et une aquarelle évoquent son paysage, où il y a 18 000 ans, un climat sec et très froid sévissait. La salle suivante est consacrée aux grottes de la Garenne à Saint-Marcel. Des recherches scientifiques pluridisciplinaires ont mis en évidence leur grand intérêt au sein des gisements magdaléniens européens. Différents thèmes relatifs à cette période (14 000 ans) sont développés, tels que la chasse, le débitage du bois de renne, l’éclairage, la couture, l’art, la parure etc. Plusieurs films pédagogiques éclairent les visiteurs sur les différentes techniques de l’allumage du feu, de la taille du silex, de la confection de sagaies… Puis, la fin de la période préhistorique est abordée grâce au matériel néolithique (polissoir, grandes lames en silex du Grand-Pressigny) et des photos représentant les dolmens de la région. La visite se poursuit en pénétrant dans un large espace lumineux, ouvert sur le site archéologique. Ici, l’Antiquité gallo-romaine commence à se dévoiler. Les différents monuments connus d’Argentomagus sont illustrés par des maquettes, des plans, des dessins et des photos. L’espace suivant est consacré à la vie quotidienne des Gallo-romains évoquée par des reconstitutions et des objets archéologiques : vaisselle en céramique commune ou sigillée, amphores, récipients en verre (gobelet, biberon etc.), poêle, grill, meule à farine, fauteuils, berceau, corbeille, cage à oiseaux, panier, etc. Des tablettes de cire mises à disposition avec stylets, proposent aux visiteurs d’écrire comme les habitants d’Argentomagus. A côté, la serrure et sa clé en fer permettent de manipuler et de comprendre cet ingénieux dispositif. Les vitrines de cette salle évoquent le chauffage par le sol (Hypocauste), la tabletterie (dés à jouer, épingles à cheveux, petite cuillère, manches de couteaux en os…) et la parure (bagues, bracelets, fibules…). La métallurgie du fer, très importante pour le développement économique de la ville et de sa région est également abordée ainsi que le commerce et les différentes voies de communication qui reliaient Argentomagus aux cités voisines. La partie suivante aborde le thème de la mort avec la reconstitution d’un cimetière. La diffusion d’un petit film explique le rituel de l’incinération, propre à cette période. En poursuivant son chemin, le visiteur traverse l’allée des dieux, où différentes statues de divinités sont présentées (dieux d’origine gauloise, romaine ou orientale). La petite statuette en bronze du dieu Mercure est sans aucun doute la plus remarquable. Enfin, la partie la plus spectaculaire du musée se révèle avec ses murs antiques considérables et son fameux autel domestique in situ découvert en août 1986.
Il s’agit d’une architecture contemporaine. Tant par les matériaux mis en œuvre (béton brut de décoffrage, acier, verre) que par la structure, le bâtiment est résolument moderne. Il était hors de question de singer les formes ou matériaux du passé, ce qui eût conduit à faire perdre toute authenticité aux vestiges gallo-romains. Quatre points forts caractérisent son architecture : - La construction d’un bâtiment au-dessus de vestiges archéologiques a fait choisir un système de construction simple : un ensemble porteur vertical, réduit à quatre poteaux de béton sur fondations spéciales par pieux forés tubés. Ce noyau central, recouvert par une structure métallique débordant en périphérie, est entouré par des rampes continues dont les façades sont simplement suspendues à la structure haute. Les parois extérieures, auparavant recouvertes d’éléments céramiques, sont constitués, aujourd’hui, de fines plaques de cuivre posées verticalement. - Les rampes périphériques, larges de cinq mètres, constituent les espaces d’exposition permanente et affectent une pente régulière de 5%. Elles se déploient en une spirale qui conduit peu à peu le visiteur à la crypte archéologique, véritable cœur du musée. L’intérêt majeur de ce système est l’accessibilité complète aux handicapés moteurs. - Le musée comporte trois niveaux : le premier étage avec belvédère permettant la découverte du site romain, le niveau intermédiaire (rez-de-chaussée) et enfin la crypte archéologique au sous-sol. - L’accès au musée se fait par le premier étage, d’où la création d’une longue rampe en pente douce offrant des vues privilégiées sur les fouilles sous-jacentes. Le 12 décembre 2022, la commission régionale du patrimoine et de l’architecture (DRAC Centre-Val de Loire) attribue au musée d’Argentomagus le label « Architecture contemporaine remarquable ». Ce label est matérialisé par une plaque signalétique spécialement créée par le Ministère de la culture aisément identifiable par le public. Il vient récompenser une création architecturale les plus remarquables de notre époque.